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RGAA 5 en 2026 : ce qui devrait changer pour l’accessibilité numérique

24 avril 20265 min de lecturePar PH Humblot
RGAA 5 en 2026 : ce qui devrait changer pour l’accessibilité numérique

Le RGAA 5 est attendu pour la fin de l’année 2026. Cette nouvelle version du Référentiel général d’amélioration de l’accessibilité devrait marquer une évolution importante pour les sites web, les applications mobiles et les documents numériques.

Aujourd’hui, le RGAA reste le référentiel de référence pour évaluer l’accessibilité des services numériques en France. Il permet de vérifier, à travers des critères et des tests techniques, si un site ou un service en ligne est utilisable par les personnes en situation de handicap. L’objectif reste simple : rendre les contenus et services numériques compréhensibles et utilisables par toutes et tous.

Avec l’arrivée annoncée du RGAA 5, les organisations vont devoir anticiper une méthode plus actuelle, plus large et mieux adaptée aux usages numériques d’aujourd’hui.

RGAA 5 : une évolution attendue pour fin 2026

La DINUM a annoncé qu’une nouvelle version du RGAA devrait être publiée fin 2026. Les déclarations d’accessibilité réalisées avant cette publication resteraient valables pendant 18 mois, dans la limite de trois ans à compter de leur date de publication.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’un changement immédiat qui rendrait les audits actuels obsolètes. Le RGAA 4.1.2 reste la base de travail à utiliser aujourd’hui pour les audits, les déclarations d’accessibilité et les plans de mise en conformité.

En revanche, les entreprises, collectivités, éditeurs SaaS et équipes produit ont tout intérêt à anticiper dès maintenant les évolutions du RGAA 5.

1. Un alignement attendu avec les WCAG 2.2

L’un des principaux changements du RGAA 5 devrait être l’alignement avec les WCAG 2.2, la version plus récente des règles internationales d’accessibilité du W3C.

Concrètement, cela devrait renforcer plusieurs exigences déjà connues, mais aussi intégrer des critères plus adaptés aux interfaces modernes.

Parmi les sujets importants, on peut notamment citer :

  • la visibilité du focus clavier ;
  • les parcours d’authentification plus simples ;
  • les interactions au pointeur, comme le glisser-déposer ;
  • les zones cliquables suffisamment grandes ;
  • la réduction des obstacles pour les personnes ayant des troubles cognitifs ou moteurs.

Ces évolutions vont dans le bon sens : elles rapprochent l’accessibilité des usages réels. Aujourd’hui, un site accessible ne se résume plus à un bon contraste ou à des textes alternatifs sur les images. Il doit aussi proposer des parcours utilisables au clavier, compréhensibles, robustes et compatibles avec les technologies d’assistance.

2. Une meilleure prise en compte des applications mobiles

Jusqu’à présent, l’audit d’une application mobile avec le RGAA pouvait être complexe. Les équipes devaient souvent adapter des critères pensés à l’origine pour le web.

Avec le RGAA 5, les applications mobiles devraient bénéficier d’un cadre plus clair. C’est une évolution majeure, car une grande partie des usages numériques se fait désormais sur smartphone.

Pour les applications iOS et Android, les contrôles devraient mieux couvrir des sujets comme :

  • la navigation avec les lecteurs d’écran mobiles ;
  • la restitution correcte des composants natifs ;
  • les gestes tactiles complexes ;
  • l’ordre de lecture ;
  • les libellés accessibles des boutons, champs et éléments interactifs ;
  • la compatibilité avec les réglages d’accessibilité du système.

Pour les entreprises qui possèdent une application métier, une application client ou un espace utilisateur mobile, cette évolution est importante. L’accessibilité mobile ne pourra plus être traitée comme un sujet secondaire.

3. Des critères plus clairs pour les documents numériques

Autre évolution très attendue : la prise en compte plus structurée des documents bureautiques.

Les fichiers PDF, Word, Excel ou PowerPoint restent très présents dans les parcours utilisateurs : formulaires, brochures, rapports annuels, documents RH, notices, contrats, supports administratifs, etc.

Le problème est connu : beaucoup de documents sont publiés en ligne sans structure accessible. Résultat : ils deviennent difficiles, voire impossibles à utiliser avec un lecteur d’écran.

Le RGAA 5 devrait apporter une méthode plus claire pour auditer ces documents. Cela pourrait notamment concerner :

  • la structure des titres ;
  • l’ordre de lecture ;
  • les alternatives textuelles ;
  • les tableaux ;
  • les liens ;
  • les formulaires PDF ;
  • la langue du document ;
  • la compatibilité avec les technologies d’assistance.

C’est un point essentiel pour les organisations publiques, mais aussi pour les entreprises privées qui diffusent de nombreux documents à leurs clients, salariés, candidats ou partenaires.

4. Des critères reformulés pour limiter les interprétations

Le RGAA actuel est précis, mais il peut être difficile à lire pour les profils non spécialistes. Certains critères demandent une bonne connaissance technique, notamment sur le HTML, ARIA, les composants interactifs ou les technologies d’assistance.

Le RGAA 5 devrait améliorer la lisibilité des critères et des tests. L’objectif est double :

  • aider les développeurs, designers et chefs de projet à mieux comprendre les exigences ;
  • rendre les audits plus homogènes d’un prestataire à l’autre.

C’est un enjeu important. Un référentiel trop difficile à interpréter peut créer des écarts dans les audits, des incompréhensions dans les équipes et des corrections mal priorisées.

Une méthode plus claire devrait permettre de mieux intégrer l’accessibilité dès la conception, plutôt que de la traiter uniquement en fin de projet.

5. Des obligations à ne pas repousser

La publication du RGAA 5 est attendue fin 2026, mais cela ne signifie pas qu’il faut attendre pour agir.

Le RGAA 4.1.2 reste pleinement applicable. Les audits actuels conservent leur utilité, et la mise en conformité dès maintenant permet de réduire la dette technique avant l’arrivée du nouveau référentiel.

C’est particulièrement important pour :

  • les sites institutionnels ;
  • les sites e-commerce ;
  • les plateformes SaaS ;
  • les applications métiers ;
  • les extranets ;
  • les espaces clients ;
  • les services publics en ligne ;
  • les documents PDF publiés régulièrement.

Le non-respect des obligations d’accessibilité numérique peut exposer les organisations à des sanctions. La DINUM rappelle d’ailleurs que la législation relative à l’accessibilité numérique prévoit un cadre de contrôle et de sanction.

Faut-il attendre le RGAA 5 pour lancer un audit ?

Non.

Attendre la publication du RGAA 5 serait une erreur stratégique. L’accessibilité numérique est une démarche progressive. Plus les problèmes sont identifiés tôt, plus ils sont simples et moins coûteux à corriger.

Un audit RGAA 4.1.2 réalisé aujourd’hui permet déjà de traiter les fondamentaux :

  • structure HTML ;
  • navigation clavier ;
  • contrastes ;
  • formulaires ;
  • alternatives textuelles ;
  • titres et hiérarchie de contenu ;
  • composants interactifs ;
  • compatibilité avec les lecteurs d’écran ;
  • déclaration d’accessibilité.

Ces bases resteront utiles avec le RGAA 5. La future version ne devrait pas annuler le travail réalisé : elle viendra plutôt le compléter, l’actualiser et l’étendre à de nouveaux périmètres.

Ce qu’il faut retenir

Le RGAA 5 devrait marquer une étape importante pour l’accessibilité numérique en France.

Il devrait notamment apporter :

  • un alignement avec les WCAG 2.2 ;
  • une meilleure prise en compte des applications mobiles ;
  • des règles plus claires pour les documents bureautiques ;
  • une formulation plus lisible des critères ;
  • une méthode plus adaptée aux usages numériques actuels.

Pour les organisations, le bon réflexe n’est pas d’attendre fin 2026. Le plus pertinent est de commencer dès maintenant avec le RGAA 4.1.2, puis d’anticiper progressivement les évolutions du RGAA 5.

L’accessibilité numérique n’est pas seulement une obligation réglementaire. C’est aussi un levier de qualité, de performance et d’inclusion. Un service numérique accessible est plus simple à utiliser, plus robuste et plus ouvert à l’ensemble des utilisateurs.